Fernand Legros

Excentrique et sans gêne, Fernand Legros est le plus grand fraudeur de la seconde moitié du vingtième siècle, doublé d’une personnalité publique étrange.

Fernand Legros

Considéré comme l’un des plus grands fraudeurs du marché de l’art dans la seconde moitié du 20e siècle, Fernand Legros a établi un marché international de faux.

Né en Égypte et s’étant par la suite installé en France, Legros obtient par alliance la nationalité américaine. Après avoir fréquenté l’école de Louvre, il fait la connaissance d’Elemer Hoffman, mieux connu sous le nom d’Elmyr de Hory, faussaire spécialisé dans l’imitation de signatures, ancien élève du peintre Fernand Léger. Legros, qui commence à faire son nom sur le marché de l’art, prend Elmyr de Hory sous son aile, et ensemble, ils esquissent les fondations de l’une des plus grandes fraudes de l’histoire du marché de l’art.

Durant 20 ans, Fernand Legros achemine en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud des tableaux produits par Elmyr de Hory, imitant plusieurs grands peintres du 20e siècle. En 1968, des experts dévoilent au grand jour la magouille de Legros, en identifiant 44 faux chez le riche collectionneur Algur H. Meadows, tous achetés chez le faussaire franco-américain. On le poursuit en cour. Pour que Legros ne soit pas arrêté, Elmyr de Hory avoue publiquement être l’auteur des 80 faux découverts. Même s’il n’est inculpé de rien, au cours des décennies 1960 et 1970, Fernand Legros devient un personnage largement médiatisé, dont le nom revient souvent dans des scandales de falsifications d’œuvres d’art. Au cours de cette période, il écrit la préface du livre de David Stein, un autre grand faussaire.

En 1979, Legros est finalement accusé pour falsification d’œuvres d’art, et condamné à deux ans de prison, auxquelles il échappe, grâce au temps de prison qu’il a déjà fait en attendant son procès. En 1980, il cause cependant un accident de voiture, qui met fin à son sursis. Après avoir passé sept mois en prison, Legros tente de poursuivre son train de vie fastueux grâce à sa réputation passée, mais n’y arrive pas. Il meurt en 1983, d’un cancer de la gorge.

Homme publique excentrique à la personnalité forte et originale, Fernand Legros a marqué l’imaginaire français : de son vivant, il a joué son propre rôle dans une poignée de films, et a même inspiré le malfrat d’une bande-dessinée de Tintin n’ayant jamais vu le jour, l’Alph-art.