Guy Hain

Faussaire spécialisé dans la refonte de sculptures, Guy Hain a produit illégalement près de 6000 copies de sculptures de Rodin sans autorisation.

Guy Hain

Au-delà de la reproduction de peintures, il existe plusieurs autres domaines de l’art qui peuvent intéresser les faussaires : Guy Hain, faussaire et marchand d’art ayant œuvré dans la deuxième moitié du 20e siècle en France, s’est intéressé à la moulure et la refonte de sculptures en bronze.

En 1962, Guy Hain, vendeur de produits vétérinaires, se procure une version du Baiser, une des sculptures les plus connues d’Auguste Rodin, et change de carrière : il ouvre une galerie, Aux Ducs de Bourgogne, et se fait marchand d’art. Il refuse cependant de se limiter à la vente et se rapproche très vite des propriétaires de la fonderie Georges Rudier, qui produit les œuvres de bronze de Rodin depuis le début du 20e siècle. Il convainc Georges et Bernard Rudier de réutiliser les moules de Rodin pour couler de nouvelles versions des œuvres du grand sculpteur, sans l’autorisation du musée Rodin, qui possède les droits sur cette œuvre.

Constatant le succès de cette première opération, Hain et sa femme se procurent une fonderie à Luxeuil-les-Bains, dans le Nord-Est de la France, et utilisent les moules du musée Rodin pour produire des faux, en plus de surmouler plusieurs autres sculptures. Hain signe les sculptures qu’il moule avec le nom d’Alexis Rudier, le fondeur officiel de Rodin. Jusque dans les années 1990, Hain connaît des années de commerce prospère, qui lui rapportent près de 130 millions de francs.

Au-delà de Rodin, Hain refond également des sculptures d’autres artistes de renom, dont Auguste Renoir et Camille Claudel, pour ne nommer que ceux-là. Il est arrêté en 1992 par la police de Dijon, qui saisit ses sculptures dans nombre de fonderies de la Franche-Comté. Hain paraît devant la cour en 1996, et passe 18 mois en prison. Lorsqu’il ressort, il visite les maisons de vente aux enchères susceptibles de vendre ses faux afin de les racheter. De nouveau accusé en 2002, cette fois-ci pour la production de plus de 1000 reproductions illégales d’artistes français, Hain écope de 4 ans de prison de plus.

Depuis l’arrestation de Guy Hain, les acheteurs de sculpture en bronze se montrent très sceptiques et prudents lors d’achats. On estime le nombre de faux produits par Guy Hain à près de 6000, au-delà des quelques milliers recueillis par la police. Seulement le tiers de ces faux ont été localisés, et des procès et saisies sont toujours en cours.