Brève histoire de la contrefaçon d’œuvres d’art en Occident

De l’Antiquité romaine à nos jours, la production de faux a toujours accompagné celle d’œuvres d’art.

Histoire

Qui dit œuvres d’art dit contrefaçon : l’appât du gain appelle ceux qui ne peuvent être reconnus pour leur art à imiter celui d’autres afin de gagner leur vie. Ainsi, déjà sous l’Empire Romain, la demande d’œuvres grecques est si grande que plusieurs artistes méconnus y voient une occasion de mettre à profit leur talent. Jusqu’à aujourd’hui, la tradition du faux s’est perpétuée, fluctuant en popularité selon les époques.

Au Moyen Âge, la tradition de l’identité de l’artiste devient floue, et le faussaire n’a donc plus lieu d’être : il ne peut plus utiliser un nom plus connu que le sien pour faire vendre son art. C’est à la Renaissance que la contrefaçon d’art connaît l’essor qui la suit jusqu’à nos jours. La montée des concepts de propriété intellectuelle et artistique rend la vie du faussaire plus dangereuse, puisque son activité est désormais condamnable, mais elle la rend également plus profitable, la valeur d’une signature donnant tout son attrait à une toile. Albrecht Dürer est l’un des premiers artistes dont l’intégrité artistique a été compromise, au 16e siècle : ses élèves ajoutent à leurs œuvres la signature de leur maître, essayant de leur donner une valeur plus importante. En 1799, Dürer est à nouveau victime d’un faussaire lorsqu’un important habitant de Nuremberg, Wolfgang Küffner, emprunte l’une de ses toiles, et remet à sa place un faux.

Au 20e siècle, la contrefaçon d’œuvres d’art connaît un nouveau boom avec l’arrivée sur le marché d’artistes contemporains tels que Picasso, Matisse et Dalí. Durant et après la Deuxième Guerre mondiale, l’essor que connaît l’art en Europe, surtout en France, est accompagné d’une montée de la proportion de faux en circulation. Parmi les faux et les faussaires les plus célèbres du 20e siècle, on compte Yves Chaudron et ses copies de la Joconde, Fernand Legros, David Stein et Guy Hain. Au fil du siècle, certains faussaires se sont même intéressés à la fabrication de faux artéfacts de l’époque étrusques : le cas des Guerriers en terracotta d’Alfredo Fioravanti, vendus au Metropolitan Museum of Art et authentifiés, à tort, par les experts du même musée, a été largement médiatisé.

Aujourd’hui, la question des faux redevient de plus en plus importante : dans un monde où tout peut se transmettre par Internet, la propriété intellectuelle est de plus en plus mise en danger. Dans le monde de l’art graphique ou informatique, il est difficile de protéger ses œuvres, et les législations dans ce domaine commencent tout juste à émerger.