Yves Chaudron

Yves Chaudron, faussaire mystérieux, quasi-mythique, est réputé d’avoir produit et mis en réseau, grâce à son compagnon Eduardo de Valfierno, plusieurs faux de la Mona Lisa de Léonard De Vinci.

Yves Chaudron

En 1911, la Mona Lisa de Léonard de Vinci est volée des murs du Louvre, à Paris. Jusqu’à sa réapparition, en 1914, plusieurs faux circulent aux États-Unis et sont rachetés par de riches collectionneurs. Ces faux sont l’œuvre d’Yves Chaudron, un mystérieux artiste dont très peu d’informations nous sont parvenues à ce jour.

Chaudron aurait été employé par Eduardo de Valfierno, un escroc argentin, un an avant le vol, pour produire six copies de la Joconde. Une fois complétées, ces toiles sont envoyées aux États-Unis, où elles demeurent cachées jusqu’au vol, le 21 août 1911. Une fois que les journaux prennent connaissance de la disparition du chef d’œuvre de Léonard de Vinci, l’affaire connaît une couverture médiatique sans pareil : de l’autre côté de l’Atlantique, les faux se vendent comme de petits pains chauds, à raison de 300 000$ la pièce.

En 1914, la Mona Lisa est retrouvée et on arrête le peintre en bâtiment et employé du Louvre, Vincenzo Peruggia, pour son vol. Après avoir subtilisé le célèbre tableau, Peruggia le cache dans son appartment de Paris durant deux ans, avant de le ramener à Florence. Une fois en Italie, il essaie de revendre la Joconde au galeriste Alfredo Geri. Alfredo Geri, après avoir reçu l’aide de Giovanni Poggi, directeur de la Galerie Uffizi, Geri dénonce Vincenzo Peruggia à la police, et la Joconde est retournée au Louvre. Lors de son procès, Peruggia jure avoir agi par patriotisme, suivant la croyance que la Joconde devrait être exposée dans son pays d’origine, l’Italie.

Ce n’est qu’en 1932 que paraît l’histoire de Valfierno et de Chaudron. Le journaliste américain Karl Decker, dans un article, affirme que ce serait l’escroc argentin, surnommé le Marquis, qui aurait orchestré le vol et la revente de faux. Comment a-t-il eu vent de l’histoire ? Ce serait Valfierno lui-même qui la lui aurait confié, en 1913, mais qui lui aurait indiqué de ne rien sortir avant sa mort. Comment vérifier la véracité de ces informations ? Impossible : avec Valfierno et Chaudron décédés, Decker demeurerait le seul témoin vivant de cette complexe affaire…

Évidemment, l’histoire de Karl Decker a été contestée nombre de fois depuis son apparition : plusieurs auteurs, cinéastes et acteurs du monde de l’art se sont appliqués à démontrer comment l’histoire ne peut se tenir. Certains vont même jusqu’à dire que Valfierno n’aurait jamais existé ailleurs que dans l’esprit de Decker ! De plus, les fausses copies de la Joconde, produites par Chaudron, n’ont jamais été retrouvées, et l’artiste lui-même est très mal connu, mis à part pour sa supposée participation à cette immense affaire. Plus de cent ans après le vol de la Joconde, l’affaire est encore sujette à débat.